Slack!Slack!

Salut. Ca va ?

Heaven Is A Truck

L’éden est un camion. Demande au chauffeur, j’ai besoin qu’on me dépose, j’ai besoin qu’on me libère.

C’est un instantané assez classique finalement. On pourrait presque appeler ça un cliché.

Ce genre de moment où on marche péniblement au bord de la route et qu’il commence à pleuvoir. Un grondement dans le dos. Le pouce se tend machinalement vers le centre de la route. Le grondement se rapproche. S’amplifie. S’alourdit. Dépasse le pouce. Ralentit, freine. Le pouce, qui encore quelques secondes plus tôt pestait contre le climat, bondit de joie et se referme sur le poing. Il avance en courant, grimpe, et tout est fini. Tout est pour le mieux. Il y a un toit, un type à côté et une playmate à poil derrière.

Vrrrrrr.

– Tu vas où ?

– Je sais pas, vous allez où ?

– Par là.

– Oui voilà, par là. C’est bien.

Vrrrrrrrr.

– Je vais tourner là.

– Oui, ça me va.

– Tiens, il s’est arrêté de pleuvoir.

Vrrrrrrr.

Entre les gouttes sur le pare-brise et les seins siliconés de miss janvier, la paix. L’engin surplombe la route au rythme de l’essuie glace. Ca sent un peu la transpiration, un peu le sapin jaune accroché là haut. Le chauffeur s’excuse de sa générosité en invoquant la pluie. Le passager sourit, rassuré d’avoir à côté de lui un type comme les autres, qui se démerde avec son égoïsme. Il se sent un peu élu. Ce genre de moment con où on sait très bien que ça ne sert à rien de s’échanger nos prénoms. Le passager demande quand même, pour avoir un mot de plus à raconter quand il descendra du camion pour aller voir ses amis. Ils lui demanderont s’il s’est coupé les cheveux, il répondra qu’il les a juste lavés. Ils comprendront.

Ca ressemble à une scène banale de road movie, mais ça résume beaucoup de choses, cette histoire de camion. Ca explique pourquoi autant de road movies existent, mais pas pourquoi aussi peu de camions s’arrêtent dans la vraie vie. Ce serait bien de croiser des camions à chaque fois qu’il pleut. Mais ce n’est pas le cas. C’est dommage. L’éden est un camion. Et il pleut souvent. Alors en absence de camion, on prend une guitare mal accordée et on chante que l’éden est un camion. Et ça va un petit peu mieux, quelque part entre la réalité en forme de caniveau et le rêve en forme de Pavement. Sacrée rustine grinçante.

Publicités

Navigation dans un article

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :